Aphrodisie

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Ce sera le dernier et le plus étonnant chapitre de ce livre. Nous sommes bien conscients que le patriarcat a besoin de se reconnaître dans une morale – et une morale est toujours une morale qui tend à réguler les modalités du rapprochement entre les sexes – pour l’imposer à tous. Officiellement, pour le patriarcat, la sexualité n’est destinée qu’à la « reproduction de l’espèce ». En s’appuyant sur la reproduction de l’espèce – et beaucoup de « camarades » et d’autres personnalités me reprochent de focaliser constamment leur attention sur ce pivot – toutes les morales et religions de ce monde patriarcal n’ont pour centre que la maîtrise du plaisir que la sexualité pourrait exiger : dans cette morale, le plaisir est disgracié car il éloigne la reproduction (« Tu enfanteras dans la douleur » encore aujourd’hui…). Cet état d’esprit se reflète dans le commerce entre les personnes, l’économie de l’échange de biens, de vertus et de services, centrée sur la reproduction de l’objet afin d’obtenir une puissance qui coagule aujourd’hui en plus-value. Cette maîtrise de la sexualité consiste avant tout à l’abroger dans son aspect essentiellement  » agréable « , de manière à l’éloigner de toute atteinte, à moins que la seule  » reproduction de l’espèce  » ne soit de la transférer à l’objet (même si cela signifie tout objectiver, aujourd’hui : marchandiser). Mais, mes amis, une morale aveugle tout ce qui n’est pas elle. Et, à y regarder de plus près, quand la sexualité de la « reproduction » devrait être limitée aux seuls organes dédiés à la reproduction – les organes « génitaux » – c’est-à-dire, s’il vous plaît, à l’élaboration de la gonade masculine – testicules, prostate et glande séminale – et celle de la gonade féminine, je veux dire les ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus, cette morale consiste à dissimuler ce qui est intrinsèquement consacré au plaisir, c’est-à-dire, dans le sexe féminin, la vulve-clitoris et le vagin, et dans l’homme le pénis et le gland. Bien sûr, il faut ajouter à cela ce que la morale patriarcale appelle honteusement les « zones érogènes ». Pour une telle dissociation au détriment de la sexualité de plaisir, les éléments du langage (les organes « génitaux ») comprennent tous les organes sexuels et leurs accessoires dédiés au plaisir dans le seul but de la reproduction. Cependant, ces organes sexuels destinés uniquement au plaisir (le « Cri du clitoris » a récemment été entendu comme le « seul » organe destiné au plaisir…) sont la vulve, le clitoris et le vagin pour les femmes et le pénis et le gland pour les garçons. D’accord, mais qui quoi qu’est-ce ? Deux réflexions s’imposent : les « organes génitaux » sont liés au nerf hypogastrique et les « organes aphrodisiaques » au nerf pudental, même s’il y a, bien sûr, un enchevêtrement intime entre les extrémités de ces deux nerfs, comme pour le reste. Et le second est que lorsque Wilhelm Reich parle de « caractère génital » (adapté à l’orgasme reichien), il parle en fait d’aptitude à l’orgasme « aphrodisiaque », c’est-à-dire lié aux « organes aphrodisiaques » qui n’ont rien à voir avec la reproduction de l’espèce (sauf accessoirement), comme le pétale ou le nectar, par exemple, au pistil ou aux ovaires des fleurs. Cela nous permet d’aborder les problèmes de caractère par des altérations de la perception des organes aphrodisiaques et non pas « génitaux » : les problèmes des maladies affectives sont liés aux organes aphrodisiaques et non pas « génitaux ». Quand la morale de satisfaction anti-sexuelle – anti-aphrodisiaques – des religions patriarcales évite de distinguer ces deux aspects de la sexualité humaine (ou de tout autre animal, quel qu’il soit, puisque aucun autre animal, autre que nous, n’entend le coït pour autre chose que le plaisir, ne reconnaissant *rien* de la génitalité !) c’est pour que nous évitons d’entrer en contact les uns les autres sur les princeps simples du plaisir de notre rencontre sexuelle : la vulve-clitoris, le vagin, le gland, le pénis, le pénis – et les domaines érogènes, et hors concours, l’amour. J’ai remarqué qu’il faut répéter et répéter la même phrase pour qu’elle soit entendue, tout d’abord, et finalement comprise (bien que j’aie répété 10 fois à mon voisin qui dirige son générateur, qu’il n’a pas encore compris qu’il rend ma vie chiatique). Les animaux ne s’accouplent pas pour « se reproduire »…. parce qu’ils ne savent rien de la *complétion* de la « génitalité » du coït, ils ne savent rien des *conséquences* de cet accouplement. Par conséquent, ils copulent pour le *plaisir* et rien d’autre : l’attirance qu’ils ont l’un pour l’autre n’a d’autre pivot que le plaisir de s’accoupler et ses conséquences immédiates, l’orgasme *pair*. Les religions et la morale capitaliste actuelle ne conçoivent pas qu’il puisse y avoir d’autre mouvement vital que la « reproduction » (du capital, de la marchandise, du pouvoir, des inégalités de genre et sociales, etc., bref, du corollaire « plus-value », de la valeur « minéralisée »), elle ne peut accepter que la vie se concentre initialement sur le plaisir du rapport sexuel, aphrodisiaque, car cela détruit sa structure caractéristique. Seuls les organes dédiés aux fonctions liées aux gonades féminines ou masculines (y compris la spécificité de la féminité de la grossesse) sont reproducteurs, *tous* les autres organes sexuels sont dédiés au plaisir du rapport sexuel, au plaisir aphrodisiaque. J’appelle ces organes, les organes « aphrodisiaques ». La destination des organes sexuels aphrodisiaques est le « plaisir ». Cependant, la corroboration sympathique de ces organes aphrodisiaques n’atteint souvent pas leur *maturité de perception et d’auto-perception*, car les diverses peurs et douleurs qui les entourent de vivre seuls dans une société capitaliste (qui dissimule derrière son petit doigt le patriarcat en mouvement), impliquent et induisent des méfaits qui les affectent dans le fondement même de leur chair délicate (leur alliance, leur propension au partage, leur disponibilité, leur labilité émotionnelle, celle qui va précisément à la rencontre de l’autre) ET les peurs liées à la reproduction, car seule la femme doit alors l’assumer, sur qui l’homme prend ainsi un pouvoir. Dans La Paternité dans la psychologie primitive, nous découvrons qu’il n’y a pas de relation immédiate entre « génitalité » et aphrodisie, puisque les filles et les femmes – qui consacrent presque leur vie aux délices du rapprochement sexuel – ne tombent enceintes que dans UN pour cent du temps *en dehors* du mariage. Cela signifie que toute violence contre les organes aphrodisiaques d’une femme perturbe sa capacité native à NE PAS reproduire l’espèce : le viol perturbe la capacité d’une femme à NE PAS reproduire l’espèce. Cependant, le viol ne concerne que les organes aphrodisiaques féminins (bien que vous ayez besoin d’une bite bien anesthésiée et que vous la haïssiez). Tous les aspects que nous montre le patriarcat de la sexualité, où le seul destin qu’il comprend du monde est l’objet comme support du pouvoir, sont destinés à cacher sa maladie émotionnelle : le viol. La prostitution est une relation aphrodisiaque terriblement altérée par une morale patriarcale qui ne tolère pas de ne pas être reproduite, comme l’histoire d’Onan. Tout dans le patriarcat concerne la reproduction et, comme nous l’avons vu chez les Trobriandais et les autres tribus fillisées (héritage par la lignée de la fille), pour se reproduire, il faut violer. Le patriarcat fixe la sexualité humaine (alors que tous les autres animaux, TOUS, s’en fichent) sur la *reproduction*… de cette morale multiplicative (quand la vie est une *division* continue), alors qu’elle est simplement orientée vers le plaisir de la rencontre, exempte des modalités néfastes de ce patriarcat : violence, masculinité excessive, exploitation, désintégration de l’enfance, rejet de la femme à la vie sociale, rejet de la femme, peur du sang œstral, valeur ajoutée, virginité, vénération de l’objet comme instrument du pouvoir. Pour moi qui vous soumets ce texte, il me semble qu’un retour à l’aspect aphrodisiaque de la vie humaine (puisque nous sommes les seuls animaux dans cette impasse du patriarcat) que toutes nos relations, entre nous et avec notre environnement, prennent une toute autre mesure de son impact, celle du plaisir sans exploitation, sans valeur ajoutée, sans objet comme support au pouvoir, la fraternité des complices et amateurs de vie, non ? Parce que, comme le note Wilhelm Reich, jusqu’à ce que le problème de l’aphrodisie soit résolu, le peuple exigera sa soumission à tout pouvoir, à un chef, par immaturité sexuelle, oops : aphrodisie inaccomplie ! Élever un enfant, garçon ou fille, dans le contexte de la reproduction ne donnera pas le résultat d’une vie vécue – dans le strict respect des autres, mais la recherche de la collaboration conduit au respect des autres – d’une manière aphrodisiaque et agréable (un bébé ne joue pas avec ses organes génitaux mais avec ses organes aphrodisiaques). Ces organes nous appartiennent en propre et pour partager ceux des autres, nous devons avoir son entière approbation et son soutien en tant qu’égal à part entière. Tout doit être refait, repensé, sinon c’est la cata ! En commençant par des livres d’anatomie * et des cours d’éducation sexuelle : « On peut distinguer deux aspects de la sexualité, comme vous le savez bien, celui concernant la reproduction de l’espèce (organes génitaux) et celui concernant le seul plaisir que vous avez déjà rencontré intimement, qui comprend les organes aphrodisiaques délicats et sensibles et les « zones érogènes » excitantes… « .

*où il faudra changer le nom de nerf « pudental » ou « honteux » par nerf « aphrodisiaque ».

 

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En vue d’une jonction sans faille de l’amour et de la chair

Le problème de l’amour est qu’il est toujours mal posé : il est posé du côte de l’abstinence. Or, l’abstinence sexuelle est une maladie issue de la morale. On ne peut pas poser l’amour sans la chair. Quand on pose l’amour sans la chair, il s’agit d’un amour asexué {j’ai connu un formateur qui se posait la question de savoir quelle pourrait être l’équivalence au féminin du « complexe de castration » freudienne, en ceci que la castration ne peut regarder que les organes masculins – qu’il appelait « génitaux » et non pas « aphrodisiaques ». Ainsi, l’obstruction de ce type à la sexualité était telle qu’il « fallait » selon lui, une équivalence féminine à cette « castration freudienne ». Toutes les démonstrations dont j’ai usées pour lui montrer que cette « castration » est du simple ordre du mot signifiant « cautérisation psychique de la sensation de la chair » – qu’elle soit féminine ou masculine (ce qui signifiait, aussi qu’il n’y avait rien compris) –, une « asthénisation de la sexualité », de cette expression physiologique de l’amour…, hébé, il s’efforçait d’en rester à l’expression « spirituel » (vous saisissez ?). Aussi il resta sensiblement débilité lorsque je lui ai demandé l’intérêt d’avoir à ajouter aux souffrances patriarcales de la femme, une autre par ce nouveau mot dont il attendait la venue, sur lequel elle devra alors fonder sa pensée, justifier ses actes, parapher ses décisions, etc., quand il proposait un rajeunissement des concepts patriarcaux qui lui sont déjà imposés. L’inepte formateur a fait de moi quelques semaines plus tard, un « bouc émissaire » que tout le monde a immolé sur sa perverse pensée mise à découvert, et que tout le monde a justifiée, avec maintes inventions salaces}. Le questionnement du positif de l’amour est posé de manière abstraite, sans chair, dis-je. Aujourd’hui, il apparait à tous (sinon que de nostalgie) que le contact, la chair contre la chair est rendu impossible dès lors qu’il contient un aspect sexuel, à cause de cet isolement de la chair de la vie, pour n’en plus conserver que le « spirituel ». On intègre un tel interdit du contact (à moins de sa dégradation pornographique) dès le plus jeune âge. Il n’y a pas de « Maisons d’adolescents gérées par les adolescents » où la rencontre amoureuse, c’est-à-dire de chair, du mélange des chairs, ne subirait aucune entrave sinon qu’une absolue intolérance à l’irrespect d’autrui. Sans compter que l’abstinence est une incarcération de chacun dans la solitude, les mères & pères qui protègent la virginité (l’abstinence) de leur fille en est une réalité des plus frappantes. Et je ne parle pas de celle prônée par tous les curés si variés (ou avariés, je ne sais plus) de la planète. Attendre de « donner sa virginité » à son mariage équivaut à autant de temps dont la pensée est orientée, protège et se consacre à l’abstinence. Consacrer son « âme » à Dieu est une abstinence dont on veut et désire cacher les effets délétères derrière un « Diable » (a-t-on remarqué que dieu et diable commencent par la même syllabe et que la seconde du second signifie « possible » d’être dieu ?). Obliger les femmes à ne jamais exprimer leurs désirs, le désir du désir de leur propre chair à la rencontre du masculin, revient à l’obliger à l’abstinence qu’elle devra cacher derrière un voile, mental ou de tissu, jusqu’à une autorisation du mâle qui leur fera violence. Tous les romans ne discutent que de la problématique de l’abstinence dissimulée sous le « problème de l’amour ». Ce problème de l’amour ne se pose que selon ce qui est de savoir quand, finalement, arrivera-t-on cesser de s’abstenir ! et de se donner l’une à l’autre et inversement. Au surplus, l’équivoque entretenue sur cette abstinence est la longueur et sa langueur, le temps qui passe à la négociation, non pas de la réalité (même éphémère) de l’amour réciproque, mais à repousser au loin ce rapprochement des chairs, alors qu’un élan pair libre et librement consenti, hors toute violence, solutionnerait le monde bien plus vite que le temps qui passe à calculer les intérêts qu’on obtient d’une telle abstinence. Toutes les fictions ne se posent que comme exemple ou comme révolution malhabile, à cette problématique qu’impose l’abstinence, et rien d’autre ! Il est évident que les difficultés à résoudre la rencontre libre passionne les gens, puisque c’est effectivement l’amour incarné qui est la passion du monde, de nous-autres, êtres humains. Cela signifie, par anti-thèse, que ce monde est totalement désincarné : il n’a pas de chair, il ne reconnait pas sa chair sinon que de torture, il en ignore le fonctionnement et les déchets, la chair du monde, la chair de son monde. Ainsi ce monde vit dans un rêve qu’il soit capitalisme, religieux qu’importe : le rêve de la totale absence de la chair qui se perçoit et se conçoit alors comme un impur esprit ; et ce rêve se glorifie d’être, lui seul, le seul esprit valable, alors que désincarné, appesanti des tares de cette abstinence de la chair. On rêve toutes les solutions comme problème au problème de l’abstinence, c’est-à-dire que la solution rêvée de l’abstinence ne peut, selon son propre raisonnement, trouver de solution, puisqu’il est posé que l’abstinence est le propre de ce rêve étrange. L’abstinence est un cul-de-sac dans le fond duquel je vois grouiller sa vermine sur le corps de la vie dont elle a fait un cadavre. Les femmes sont de cette sorte de beauté froide parce qu’elles sont abstinentes ; les hommes ne sont que des violeurs d’abstinence ; et le salariat, la marchandise, le « procès » de la valeur, ne traversent le temps comme une simple forme de l’abstinence, mais comme leur indispensable et absolue nécessité. Car toutes les raisons données à la réalisation de l’abstinence, sont de l’ordre de la morale dont la diversité et la répartition sont si puissantes qu’elles couvrent les 360° de l’horizon de la pensée. Tous nos actes, pensées, nos omissions, se revendiquent de cette morale : l’abstinence. C’est une intransigeance du patriarcat primordiale à sa survie, c’est-à-dire à sa forme actuelle, vécue dans le capitalisme et son salariat, sa valeur minéralisée, sa marchandisation du monde, et les diverses et innombrables pollutions catastrophiques à laquelle mène son ignorance volontairement obstinée du plaisir de la chair pair qui s’y destine sans violence.

Pour une abrogation du mot « connard »

Dans la multitude de dires qu’il n’est pas permis d’énoncer, il y a par exemple cette question : « À part l’aspect poétique de l’homme, quel est selon vous, le plus bouleversant chez lui ? » Vous ne recevrez jamais cette réponse : « Son sexe ! Le fait qu’il soit un homme ! » car à la noyade, aucune femme n’est bouleversée par le sexe de l’homme, comme elle reste imperturbable à son propre sexe. Je rougis de le dire. Selon elle, femme, il n’y a pas de bouleversement à la rencontre sexuée avec l’homme, cette rencontre dut-elle se réaliser un jour quelque part ou bien ailleurs et n’importe où. Toutes les raisons sont valables « pour ne pas » et jamais « pour » (en fait, le « pour » n’a pas besoin de raison : un amour le valide de facto) . En regardant mon entourage, je remarque qu’il y a une seule femme qui puisse être bouleversée par l’homme (et conséquemment, son sexe, physiquement, comme partageux de plaisir) sur plus d’une douzaine ! Et cette douzaine est, bien sûr, célibataire… ce qui veut dire qu’une douzaine d’hommes tire la langue par soif sexuelle, quand ils en ont encore l’énergie douce, non inversée, comme l’alcool en vinaigre, en agressivité. Les conditions que ces femmes demandent comme réponse au masculin reviennent, finalement, à reconnaître qu’elles ne désirent pas de rencontre sexuée avec l’homme, que l’homme les effraie quelque part (je ne dénierai jamais la légitimité de ce fait qui leur appartient en soi : je reconnais comme véritable que leur capacité d’accueil a été un jour broyé par le « couillard » – c’est une nouvelle dénomination que je donne au mâle et aussi bien une insulte que j’ai inventée et qui est inédite – le féminin est « couillarde » – pour désigner ce type de mec complètement imbu de sa couillonnerie – le simple fait hasardeux d’avoir des testicules qui lui pèsent, qui le tortillent, qui le chagrinent, qui l’importunent et pourtant dont il ne peut qu’assumer la présence socialement sensorielle – qui ne se sent et ne vit que par elles pour l’affirmer comme un pouvoir sur autrui, l’environnement, l’enfance, la femme et ses voisins). Quand la Bible donne l’origine du malheur du monde à la femme (encore qu’on ne saisisse pas très bien en quoi le désir de se réaliser dans l’accouplement sexué en vue d’en obtenir du plaisir puit poser un problème sinon qu’à un dieu qui n’en connaît rien), c’est parce que l’homme, le mâle, est couillard : il veut l’imposer (même) quand la femme est de consentement et parce qu’elle est de consentement, il veut l’imposer : c’est le couillard ! Le couillard EST le centre du monde, bien au-delà de ses propres limites qu’il entrecroise avec ses semblables, ce qui fait qu’il résille le globe terrestre de sa couillonnerie : plastique, résidus pharmaceutiques, -icides de toutes sortes. Le couillard n’a absolument rien, mais rien de rien, à et de la vie : il est le centre de son propre monde qu’il dispute parfois à ses semblables, encore que le sujet de ces disputes regarde toujours autre chose que sa couillonnerie. Posséder (suivant le hasard de la vie) une paire de testicules enclose dans un scrotum semble pour le couillard le suprême de sa relation au cosmique, c’est-à-dire de la planète Terre, comme possession totale et totalitaire du temps, de l’espace, des odeurs, des sons, du râpeux des contacts avec le monde. Le couillard ne comprend pas l’activité du monde, il se complait d’en avoir saisi la mécanique, le binaire (zéro-un-zéro-un…) : il ne sait pas ce qu’est un « fonctionnement », cela le dépasse. Le couillard vit dans une carapace qui l’isole du monde et, vivant isolé du monde, peu lui importe l’effectivité de sa vie isolée du monde. Cette carapace est réelle, c’est une véritable cuirasse, une chitine, une induration épidermique, incluant nerfs sensitifs et végétatifs, peau, glandes diverses. Il ne reconnait le monde que selon la sensation que cette carapace lui tolère (puisque c’est la fonction d’icelle) et ne comprend pas quand on lui dit qu’il emmerde (oui, « emmerde ») le monde de son insensibilité sensitive du monde dans lequel il vit, avec autrui. Dès lors qu’autrui l’importune dans cette immobile vie dans laquelle cette cuirasse la lui rend commode, autrui devient importun, élaguant sa relation à cet environnement formé d’humains, de fleurs, d’eau, de vent, etc. Le couillard est un élagué des sens. Aussi, dès qu’il peut bander, il ne peut que s’introduire, ou chercher à s’introduire dans la femme… qui ressent cela comme une agression. Je le répète : le couillard a créé l’hyposthénie vaginale. Au nombre de femmes qui en sont atteintes, je pense qu’on peut tripler le nombre de couillards, au moins ! Quelle est la possibilité pour une femme de ne pas rencontrer un couillard et de s’en protéger en le devenant, de garder la joie de la rencontre ? Le problème est que cette attitude de défense se calque sur le moindre désir de rencontrer libre la femme. Alors, se pose cet état de fait comme interrogation : Comment une telle disposition, à la fois intellectuelle, spirituelle, physiologique et membraneuse peut-elle apporter à celui qui l’intègre un quelconque « bénéfice à sa maladie », comme on dit ? C’est précisément l’équivoque : il ne sait pas même qu’il est couillard, le couillard. Il ignore son état d’être et ne peut s’en désaccorder sous peine de foudroiement bio-psychique. J’ai pensé un jour que si toutes les femmes, tout à coup, par magie (cela ne peut être que de l’ordre de la magie car la majorité en est incapable) se donnaient selon leur sexualité aux couillards, je me demandais, dis-je, ce qui pourrait en advenir. Désolé, messieurs, mesdames, le couillard est si ancré dans sa couillardise que, d’une part, il ne pourra jamais se rendre compte de la générosité féminine à son égard ; d’autre part qu’il est incapable de comprendre ce qui, alors, lui arriverait ; et pour finir, il ne saurait quoi faire de cette générosité, d’une telle absence de mesquinerie : il serait perdu et deviendrait alors très agressif, violent, brutal, obséquieux, couillard. Ainsi, le monde du couillard est clos, hermétiquement clos, et il ne peut être envisagé de les éliminer physiquement car alors il aurait fallu être comme eux… ce que tout non-couillard refuserait d’assumer, car le plaisir du vécu ne peut refuser d’accorder à autrui l’éphémère de la vie malgré qu’il ne veuille, en rien, lui accorder une vérité autre que la sienne.

Les éphélides du temps

Je ne suis pas loin de croire (pour cette fois-ci) que les souvenirs sont des accros du temps que la chemise du vécu a dû lâcher sur les épines de son chemin ; ou bien, des fleurs qu’on a cueillies et qui, par je ne sais quel miracle n’ont jamais flétri, ou si peu ; ou encore ces tisons qu’on cache sous la cendre qui se fait un impalpable résumé, pourtant gris, mais si protectrice, sur lesquels on souffle pour se redonner une ardeur dans l’abrasive froidure des mauvais jours ; ou bien, le ciment du constat formé du sable du temps des conquêtes et de l’eau des audaces que l’on voit, comme celui d’un ponton attentant aux récifs résister à l’usure des vagues au contenu sonore cristallin et odoriférant d’algues folâtres, s’opposer à l’oubli ; ou bien encore, comme un verre qu’on vide tandis qu’il attend la fraîcheur nouvelle de son liquide comme rappel du déploiement des goûts qui accompagnent, parfois de manière fortement ivre, les événements ou les contrastes d’événements dont on a été un moteur, un fétu ou une détermination ; ou, une série disparates de repères, des bornes propres à assurer que vous avez vraiment vécu quelque part, un moment et sous de telles formes. Les souvenirs sont les résurgences d’une imprégnation de la vie qui se veut histoire unique, dès lors où ce critère s’affirme sous le trait de l’encre, comme exsudation de la mémoire toujours vivante. Je songe parfois à ce fait unique que chacun a un vécu, et un seul, et que tous nous le traversons ensemble, bien que partageables, séparés. Une telle perception permet d’y inclure les vies du passé (et jamais du futur in-vécu) dont la somme est plus petite encore que tout le poids des âmes pré-vécues des morts. Néanmoins, l’histoire, si elle correspond strictement à un « chemin de vie » particulier, à soi, le conglomérat additif des uns et des autres – sur ce stricte aspect du souvenir, car ailleurs, le pire est pire – ne laisse, sinon qu’au *présent* (celui où j’écris ces mots) qu’une substance dont on ne peut se dispenser d’absorber, même à la paille, à la cuillère, au goulot ou au tonneau, la saveur doucereuse. Le souvenir présente cet aspect étrange que son transbordement s’amenuise à mesure qu’il s’opère : plus on vit et moins on se souvient, à moins de notes, comme Casanova qui trimballait sa malle avec son vécu (j’ai commencé ainsi, aussi, sans retenir tout). J’ai cet avantage que, vers l’âge de quatorze ans, je me suis donné pour dessein de trouver un moyen sûr de me souvenir du pluriel de mon vécu à venir, celui que cette vie me donnera de vivre et que je donnais à me vivre, pour n’en adirer le moins possible du croustillant, mauvais, délectable, sidérant, absurde, abrupte, délirant ou défoncé, de la moindre des particules éphémères de ma vie. Oui, certes, j’ai trouvé une méthode de reviviscence de mon vécu, mais cela a été pour elle son drame, car, nul avant moi, n’avait hypothéqué sa vie sur un tel défi ! Or, quand on est seul dans un projet et que vous l’avez *déjà* entamé selon les conditions qu’il requière, trouver des comparses, des amitiés ou des complicités pose de sérieuses interrogations quant à leurs possibles rencontres ; je veux dire de vaquer à vos occupations (boire comme Debord) intégré à un groupe. Que nenni ! Debord a trouvé la poésie, je n’ai trouvé que le vide, sinon la musique ; et j’ai même été contraint d’abandonner la musique… toutes le forces ne sont pas domptables avec les moyens dont on dispose à une époque donnée (quand le nucléaire en est resté à ce stade de la pré-obsolescence – manifeste bétonnier et nucléide de son inepte – je me suis construit, sans aucun délétère, sur les frondaisons du sincère, même éphémère – quoique parfois calculées en vu d’obtenir quelques avantages sexuels, car j’adore baiser !). Au surplus, le souvenir est imparfait : il se module selon nos convenances : à qui ? pour quoi ? se fier ? D’accord. Dans ce contrat que je m’étais donné de souvenance, il fallait bien, évidemment, le perchoir de quelques repères. L’habileté, alors, consistait précisément à donner une peinture clinquante à ces repères en sorte qu’ils demeurassent comme ces amers (oups : pas le relent de la bière, camarade, des rocs, des constructions, des aboutis tangibles et indéfectibles que l’humain s’est donné pour imprescriptibles, absolument surs, et indéfectiblement intangibles. C’est ce que j’aime chez l’humain : son désir de retrouver dans le monde, ce qui peut le rassurer quand à ses dangers… mais c’est *vraiment* si peu fréquent que s’en est à pleurer : l’humain erre entre les « cailloux » de ses bêtises qui le mènent sans fin à l’échec, non pas à l’échouage, mais à l’échouement de soi… je le sais : j’en fais partie !). Ainsi, les souvenirs sont aussi puissants que la culotte que cette princesse vous fait entrevoir voluptueusement volubile selon le cours du vent et érige tous *des* possibles dont la somme de retrouve dans cette érection qui vous assaille, tout aussi soudainement, car la vie est, selon vous, la rencontre incarnée dont le partage manque de cette évidence du plaisir de la détente… masculine, la mienne. Ok, ok… moi pas du tout (selon mon souvenir) pas beaucoup phalo, mais le plaisir d’éjaculer – de me perdre dans l’involontaire de l’organique – dans l’être subrepticement alors aimée m’a toujours (je le juge!) apporté un incommensurable plaisir. Qui en est jalouse ? Les flips, les flops, les flaps, les étranges, tout cela a traversé et marqué du tampon rouge du damné, ma vie dans son inadéquoitance (oups : son inadaptation temporelle). Ici j’aurai pu mieux, là je ne l’ai pas pu, ailleurs… On se souvient, pour les courageux, davantage des meilleurs que des pires souvenirs. Où me placé-je ? Dans le cours du temps, mes amis, dans la souple guimauve de satisfaire, non seulement notre curiosité, mais aussi le partage de votre propre plaisir de vivre.

Bourreau de pub

Par l’ensemble de ce qu’elle donne à regarder, à entendre et même en sentir à travers ses résultats, l’essence de la pub revient à vous faire admettre l’invraisemblable pour du cash. C’est là sa raison d’être. C’est la pub, par cette démarche où elle vous oblige, en un endroit ou en un autre, dans le plus petit interstice mental et/ou le début d’une démarche subjective, qui vous oblige à l’acceptation de l’ineptie de cette société, son idiotie, les politiques, sa marchandisation du temps (le salariat), les pollutions diverses dont on ne saurait se défaire qu’en arrêtant tout simplement – et tout bonnement – d’y accorder activement notre participation qui lui donne son sang : le notre. Et sachant que l’océan ne pourrait laver une tache de sang intellectuel, que dire de 7,5 milliards d’individus ! Même par l’attentif d’un sens critique aiguisé, la pub vous drosse sur l’habitude de gober n’importe quoi, vous en désintéressiez-vous, admettriez-vous ses assertions, les avaleriez-vous comme des couleuvres stomacales : péché par omission, par action et par pensée. La pub est le pivot intellectuel du patriarcat (dévoyant la relation sociale paire du prestige déterminé à l’in-quantatif). La pub rend mirifique la platitude ; adule l’insignifiant ; annule l’immédiate socialité ; transforme la chair en esprit désincarné et spiritualise la chair hors de son immédiate sensation pour la différer dans un au-delà, l’achat, sans correspondance jamais à ce qu’on avait imagé comme retour de cette attente, ce désir, ce sacrifice ; l’imagination de la pub est le carburant d’un moteur situé dans notre cervelle ; l’imaginaire de la pub est strictement destiné à remettre dans les clous les pensées qui tenteraient de s’en évader ; les clous de la pub ont pour cadre le patriarcat ; la pub est in-dis-pen-sa-ble au maintien de l’état d’esprit des troupes : non seulement elle y contribue activement, mais elle renouvelle sans cesse les pertes de ferveur en cette société (la marchandise, le salariat, la valeur minéralisée) et en elle-même (si elle conspue tant le porno – bien que caché – qui lui vole une part du gâteau des attentions, c’est en vue de subsister comme la seule source de satisfactions possible, jalousant les égarements qui ne persistent pourtant que dans des dérives du vrai, comme elle, mais en chair… et toujours féminine ! la pub montre la culotte, le porno, le fond de la culotte) ; par cette incitation continuelle à l’achat, la pub flagelle continuellement le citoyen dans sa perte de inconscience à ne pas vouloir immédiatement acheter, en le culpabilisant face à tant d’accessibilité en image de choses parodiant, falsifiant, dévoyant la richesse des gens, du monde, choses ne seront jamais atteintes et qui pourtant, détruisent l’environnement par sa présence, son envergure partout déployée où les politiques demandent sa présence, c’est-à-dire *le travail*, parce que leur existence, de leur accointance avec les industriels, est continument remise en question ; ses insensées associations chaotiques désarticulent toute logique poétique (et nous exhibent le véritable sens de cette morte poésie sociale : la marchandise et sa plus-value, la mort du temps dans le salariat), et vous formatent pour que n’importe quoi soit de cette sorte de poésie en affirmant par l’exemple qu’elle est la poésie du monde (ce en quoi elle n’a pas tord, puisqu’elle est le fer de lance psychique du monde patriarcal, dont le dernier avatar est le capitalisme qui cache derrière son petit doigt, la vigueur de son mouvement) (aujourd’hui, on discute de savoir s’il faut encore un artiste dans l’avion pour dire que vole l’art, qui l’art vole-t-il, ou ce que vole l’art face à un « vrai » artiste, en chair et en os, pas en boudin ou en lard, mais le choix d’un bit de zéro ou d’un bout d’un compilé) ; quand le porno est la pub de l’insatisfaction, malgré sa route incertaine, son importance souligne incidemment l’importance de cette insatisfaction que cette pub tente de gorger sans pourvoir jamais la combler (et elle s’en moque ! loin de nourrir d’organique, la pub affame de l’insatisfaction du minéral !), car le porno est la dénonciation que génère d’insatisfaction cette société ; l’équilibre est à la pub comme la vitesse au vélo : il faut qu’elle avance toujours plus en pénétration et emploie pour cela toutes les ultimes études de ses acolytes sociaux (qui ne serviraient sinon à rien) : la socio, la psycho, la physio, la conniscio, la sapienso, la chimio du cerveau, les images statiques ou dynamisées, trafiquées, tordues, i-shopiées, usées, limées, poncées, vernies d’effets « spéciaux », etc. ; l’aberrant de la pub vous fait ingurgiter (une sorte de vaseline, non ?) des comportements nocifs comme évidents, de comportements asociaux comme normaux, des comportements pervers comme amoureux, la politique comme « un don du cœur et de l’esprit » ; une centrale nucléaire comme le summum de la prudence de l’intelligence, l’usage des hydrocarbures comme indispensables au mouvement des automobiles, de la marchandise et des salariés se rendant au petit matin à leur *travail* (ce qui n’est pas faux en soi, vous l’admettrez…) ; si l’intelligence est la ruse de la raison, la pub est celle de la connerie ; dans la pub, la marchandise est toujours consentante quelque soit son genre, elle ne dit jamais « Non ! » et la pub ne peut donc pas être taxée de viol des consciences, de la liberté, d’une quelconque responsabilité sur le pourrissement du monde ; la pub c’est l’emballage des choses et des êtres pour en faire des achetables ou des consommables, l’emballage de l’idée de l’achat autant que celui de la pensée de qui achète… vous comprenez ? la pub vous emballe, vous passe à la farce de l’enrobe, elle suscite votre élan comme un bene vole tandis que vous rechignez à vouloir perdre votre âme en désirant donner à cet élan un autre emploi, pour vous faire trébucher dans les filets de ses méandres. Non seulement la pub nous fait prendre la marchandise pour les lanternes d’un bonheur minéral, mais elle éclaire tant le monde que nous sommes comme la laie devant la voiture, de nuit : le déchet du travail excédentaire qui vous fonce dessus ; des déchets si gros, si nombreux et si avariés qu’aujourd’hui ils débordent cette usine d’imageries. Le mode de penser répondant exactement à celle du patriarcat, est la pub.

 

Mon grain de sel

Manifestement les féministes ne savent pas ce qu’est un homme, basique, débile, idiot, avec sa queue et son désir de se perdre en elles. C’est évident, puisque aucun des deux sexes ne demande à l’autre ce qu’il représente pour lui ! Le présent « dialogue » est ambigu, car il ne traverse que la représentation que l’autre à de l’un et non pas cette représentation qu’on est pour l’autre : l’ignorance est entretenue sur ce point, alors que c’est la clé de la relation : « Je veux savoir ce que je représente pour toi ! ». Les « fantasmes » ne sont que cela : le non-dit sur cet aspect de la rencontre. Bien évidemment, aujourd’hui, elle fait peur : « Dis-moi ce que je représente pour toi, dis-moi la puissance qu’a mon image sur ton imaginaire ». Sinon, l’un restera toujours avec ses propres représentations de l’autre sans que l’autre en sache, regarde et considère la moindre image : cela mène obligatoirement à la confusion de la rencontre. Les féministes ne verront en l’homme que la violence de l’image que leur suggère (et qui existe vraiment, à des degrés divers, dans cette société patriarcale, que cette société patriarcale supporte et justifie) cette représentation qu’elle sont de cet homme, sans aller chercher à savoir si il en est véritablement ainsi, et ALORS tenter de trouver des solutions communes. Dans une société patriarcale, la représentation de la femme pour l’homme n’est pas loin de la débilité de la princesse ou de la pornographie. Partout la femme est le support de la marchandise et pourquoi pas, dès lors, une marchandise elle-même ? La femme pour l’homme est évidemment un objet de plaisir, de satisfaction lié au plaisir. L’inverse, l’attirance de la femme envers l’homme (et la pornographie ne montre QUE cela : la femme follement attirée selon des modalité patriarcales incluant la violence, ce qui rend cette rencontre rédhibitoire) est évidente : la satisfaction est sexuelle : tout est lié à la rencontre sexuelle, à l’amour de la chair, de l’esprit et de l’amour (tout cela fut-il éphémère). Dans la description de la représentation de ce que l’autre représente pour moi, la femme saisira un peu de mes difficultés quand à ce qu’elle représente pour moi ; et inversement : ce sera quand la femme saisira ce que je suis, qu’elle comprendra la nature de la relation IMPARFAITE, de ce qu’il nous est, dans le cadre de cette société, possible de réaliser, et ce qu’il n’y est que tolérable, car c’est le but de cette société : séparer les sexes. Quand je saisirai la complexité de l’existence de la femme à travers ses mots, ses émotions, ses soucis, je saisirai sans doute (si je suis un peu curieux) ce qui reste de marge (et elle est large ! plus large que le rétréci patriarcal !) des possibles de nos rencontres et de leur satisfaction. Par ce blocage que font les féministes de la rencontre avec l’homme, elles écartent toute possibilité de solution au problème qu’elles posent par leur position sociale : « Hors de mes yeux, homme ! ». On sait que c’est impossible, mais il en est ainsi comme de toutes les piteuses démarches écologiques que cette société capitaliste (qui cache derrière son petit doigt le patriarcat en mouvement) adopte – quand il faut tout remettre à plat –, nous fonçons par cette manière dénégative, dans le mur. Quand les féministes ne savent pas ce qu’est un homme (comme bien d’autres femmes, d’ailleurs), les hommes ne connaissent rien des femmes, sinon l’amour qu’il peut leur apporter et dans l’espérance qu’il ne sera pas châtré. Les violents ne sont que l’extrême de cette incompréhension, ils ne manifestent que la violence du patriarcat à l’égard de la femme, de l’enfant, des animaux, de la nature, de l’air, de l’eau ! C’est parce que le patriarcat tient caché la solution d’un paradisiaque derrière deux épées flamboyantes bien raides, que nous ne voyons pas que c’est un leurre qui nous détourne de l’aphrodisiaque. Le paradis est précisément cette représentation sans substance d’autrui à travers les seuls yeux et le seul imaginaire de celui ou celle qui SE regarde à travers l’autre. L’aphrodisiaque ne pourra jamais s’atteindre qu’à travers la connaissance d’autrui, tel qu’il se voit à travers vous. Le paradis a pour dimension relative à l’aphrodis, celle du « petit-écran » face à la vie vivante, dans l’air, la rue, les rencontres en chair et en os, l’abolition du salariat et de la marchandise. Et Aphrodis est une représentation précisément de cette relation incarnée au monde, de cette relation de chair, cette relation sexuée à la vie. Quand on ne sent rien du désir de la chair, on en sent que les souffrances, d’où, dans le mouvement du patriarcat, le judéo-christianisme : « Passez-moi les clous et le marteau, je m’occupe des planches ». C’est actuel ! Les spécistes sont des gens exacerbés par une violence (pourquoi précisément prendre pour point d’appui, les animaux et non pas ce qui nous concerne nous tous, immédiatement ?) qu’ils ont bien identifié comme patriarcale, mais omettent de la saisir comme sexuelle, sans doute par crainte. Car cette criante crainte dépassée, ils comprendraient ainsi l’emprise de la sexualité sur le monde humain et ses modes d’expression enclavés, surtout dans la violence du patriarcat. Ils et elles devront se parler des représentations réciproques qu’ils et elles ont l’une de l’autre, et en chercher le calque social omniprésent : « Ha ! quand je vois tes seins nus sous ton t-shirt », « Ha ! quand je vois ta force ! », « Ha ! quand je bande ! », « Ha quand je suis excitée ! », et etc. qu’est-ce qui se passe alors en toi, en moi à travers tes yeux, ton ressenti de moi ? Le patriarcat est aussi une *virginité morale*, de sorte que nous restions perpétuellement dans l’enfantillage, que nous ne comprenons pas l’enfance et que nous la détruisons, car elle est une part vivante qu’il faut, au plus vite, retourner pour l’écraser. J’imagine qu’à sa naissance, un enfant est comme un grain de sel d’humanité : si le milieu dans lequel il baigne a une densité inférieure à la sienne, cette humanité va se dissoudre ; si son milieu a une densité d’humanité supérieure, ce grain grossira d’autant : soyons humainement dense, sexuellement, et nous seront humainement dense socialement et amoureusement.

L’odeur de la paille blonde

De ma preuse muletière, j’aspire à être le porte-étrier. Ainsi, quand elle enjambe la selle posée sur le dos de sa vaillante bête, j’entreverrai sa vulve à hauteur de mon nez, et peut-être même, en humerai les fragrances. Mon sexe alors, hardant d’humilité sans aucun doute, et pourtant bien raide, sera prêt à vous, comme votre lance, dans le darde de votre main droite et adroite, et la vaillance de votre élan saura ma perte, à peine visible, à la seule tâche plus sombre qui pourrait éclairer l’œil curieux de la trahison du bonheur de ma jaillissante. Maîtresse de vous dans votre puissance sur l’homme, le tressaillement de la lance, dans ses spasmes éperdus et votre paume chaude, vous réjouissent et absorbent votre présent dans la substance du plaisir des sens de vos sens. Et quand, à la suite de vos aventures, vous revenez vers votre humble écuyer, fidèle en tout et en tout de vous, attentionné comme un homme à sa cousine du quatrième degré, prêt à tout en votre faveur, jusqu’à l’humide, l’odorant frais comme l’herbe foulée au matin de la rosée, soyeuses cuisses où jalouse l’aile du papillon et quête l’agneau le duveteux du pubis de sa mère ; à se perdre dans vos chairs, comme l’Éternel ne serait se perdre dans le temps. La culotte fendue entre le tissu de laquelle j’immisce ma langue pour donner mon baiser à vos lèvres, pour gonfler ce bouton de rose précurseur de rosée, la cyprine à l’odeur de menthe, mes mains sur ces deux tours de guets magnifiques que protège une mousseline, frottent vos tétons, les agacent d’un petit pincement, les érigent sur l’assise raidie de l’aréole, du mouvement naturel de la mamelle tressautante. Je viens absoudre mon rêve d’en être enserré, de tenter votre bouche happante, de saturer notre désir de mélanger ces émotions qui gisent au fin fond de nous pour exciter la ferveur de notre rencontre. Voici votre langue qui lape mon gland de sa mouillure, votre bouche le happe entre l’immiscence de vos lèvres qui s’envahissent alors de sa chaleur et de sa douceur. Et ce gland, soyeux comme le baiser de vos lèvres, chaud comme l’appel de votre vulve, patient comme vos désirs et fulgurant comme sa force d’homme, de se réjouir de la sensation de vous comme vous jouissez de lui, en attendant plus puissant. Car la femme jamais ne sait sa transe : son transport sublime le plus haut des possibles. Lasse et avide, elle se couche, en invite, glissante comme l’eau sur la peau de l’anguille, à entrer dans son antre absorbant d’amante, pour vous inviter à vous y mouvoir en vue d’émouvoir le transept de sa vigueur dont les vitraux éclaireront les organes des sens de l’ensoleillement de nos mouvements. Puis, elle se retourne, à genoux sur la paille à l’odeur de soleil, et m’apprête à s’introduire de mon dard doux comme le doux du sein que je tiens dans ma main droite, penché sur son dos, en contact étroit avec ses fesses rondes, la vue éperdue sur l’étende immense de son dos, qui va se transformer dans la vallée de sa nuque et la forêt de ses cheveux. Ses mains, bien en avant pour immobiliser son corps de sorte à sentir ma force s’introduire dans sa chair, sans hésitation, frémissant comme elle est frémissante, entrant plus fond dans son âme féminine (elle dit qu’elle adore sentir mes testicules cogner à sa vulve). Je m’arrête et son bassin tourne et retourne autour de ma queue, cherchant l’épousage de ma protubérance extrême dans la forme souple de sa grotte. Alors elle m’allonge et face à mes yeux – ho ! la beauté de la femme ! –, me chevauche pour monter et descendre, rester un instant, remonter et engloutir ma verge dans sa chaleur. N’en pouvant plus, je la retourne sur ses genoux, et la pensée en fusion, nos sexes en apnée, haletants, je la saisis par les hanches, et me meus pour nous émouvoir. Oui, je jouis, oui, j’attends ma compagne, oui, j’entends ses petits cris, oui, nos ondulations se marient, oui, la friction devient archet et corde, oui, viens à moi mon écuyer, oui, l’écuyer ne se contente pas d’une si faible tension, il poursuit plus loin sa course vers l’oubli – ralentis, ardeur ! pour vibrer de la sublime colophane du suprême, comme la note qui résulte du frottement de la pulpe du doigt humecté promenée sur le bord d’un verre de cristal –, oui, une musique scintille de nos instruments harmonieusement conjoints, oui, nous attendons ce paroxysme, cet incontrôle qui va nous dépasser de sa force, oui, l’un se donne à l’autre et l’autre s’appuie sur l’une pour stabiliser à travers l’autre le déséquilibre où nous allons sombrer, oui, de son cosmos, de notre liberté pour nous perdre l’un dans l’autre, ignorant qui a absorbé l’un, qui a perdu l’autre. Le paroxysme envahit les consciences exceptée cette friction commune, de sa densité, de son caractère obnubilant de ces mouvements qui se poursuivent, jusqu’au jaillissement (qu’on ne sent d’ailleurs pas en tant que tel) et va redescendre comme le balancement d’un duvet au zéphyr, plus attentifs, plus juteux et lisses, glissants pour profiter de se prolonger encore, du contact si intime des sexes chauds, repus, contents. Doucement, je sors de ce fourneau d’amour. Je retourne alors ma muletière, pour me blottir dans le creux de ses bras, si proche de ses doux seins, la tête sur le bord de son épaule. La tête baissée, humble, j’irai me câliner sur cet oreiller, je verserai peut-être une larme à la gueuse vie qui a resplendi à nouveau d’un nouveau, alors que nous étions si loin de l’approcher, il y a un instant encore, de sa scintillance. Demain, je redeviendrai cet écuyer, réveillé du duvet de vos bras, de nos corps en cuillère, une main sur un sein, oubliant ce qui s’est passé la veille, et ira retrouver dans l’aujourd’hui la renaissance de la plénitude de la vie qu’il parcourt, sinon qu’à vos pieds. L’écuyer a quelque chose de la mule : il s’adapte à tout ce à quoi il trouve une correspondance. Cette autorisation mutuelle, nous nous la sommes accordée, corps et âme. Nous n’avons pour nous que ces moments que la poésie soulève.